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Les universités à l'épreuve des effectis - « L’engorgement n’est pas un mal incurable »

Index de l'article
Les universités à l'épreuve des effectis
Lodging Remains A Dilemma
Université de Yaoundé I: des infrastructures à bloc
Douala: University Lectures In Borrowed Structures
UB Still Suffers Insufficient In-campus Lodging
Université de Dschang: des chantiers à la pelle
Université de Maroua: Le miracle infrastructurel
Ngaoundéré :sur les rails de la modernité
« L’engorgement n’est pas un mal incurable »
Toutes les pages

« L’engorgement n’est pas un mal incurable »

Les précisions du Pr. Jacques Fame Ndongo, ministre de l’Enseignement supérieur.

M. le ministre, le taux de réussite au baccalauréat de la session 2010 a été plutôt élevé. C’est dire si la pression aux portes des universités sera forte. Des mesures spéciales sont-elles prévues ?

La qualité, l’efficacité, la pertinence et l’équité du système académique constituent le quadrinome qui sous-tend l’enseignement supérieur, au terme de la loi d’orientation promulguée par le chef de l’Etat, S.E. Paul Biya, le 16 avril 2001. Qualité et pertinence de l’enseignement, de la recherche et de l’appui au développement sous l’égide de la Nouvelle Gouvernance universitaire prescrite par le chef de l’Etat et mise en œuvre par le Premier ministre, chef du gouvernement, mais aussi qualité et pertinence de l’offre infrastructurelle.

A l’aune de ce dernier paradigme, force est de reconnaître qu’en 2010-2011, la pression sera d’autant plus forte que plusieurs établissements ouverts en 2009-2010 auront (pour la toute première fois), des étudiants en 2e année : Institut Supérieur du Sahel à l’université de Maroua, Institut des Sciences halieutiques à Yabassi (université de Douala), Institut des Beaux Arts à Nkongsamba (université de Douala), Institut des Beaux Arts à Foumban (université de Dschang), filière Eau, Environnement, Bois à Ebolowa (antenne de l’université de Dschang). D’autres établissements ouverts en 2006-2007 ou en 2007-2008 auront, pour la première fois, des étudiants en 4e ou en 5e année (Faculté de médecine et des Sciences pharmaceutiques à l’université de Douala, Faculté de génie industriel (université de Douala), Faculty of health Sciences à l’Université de Buea, école de médecine et des sciences vétérinaires à l’université de Ngaoundéré, filières pharmacie et odonto-stomatologie à l’université de Yaoundé I, filières médico-sanitaire et bio-médicale à l’université de Ngaoundéré et à l’université de Dschang.

Enfin, les établissements ouverts en 2008-2009 auront, pour la première fois, une 3e année : il s’agit (par exemple) du premier cycle de l’Ecole Normale Supérieure de Maroua et du 1er cycle de l’annexe de l’Ecole Normale Supérieure de Yaoundé à Bambili (enseignement technique) ; d’une manière générale, le nombre d’étudiants à Bambili a été substantiellement revu à la hausse (18 départements) Donc, aux nouveaux bacheliers et titulaires des GCEAL de la cuvée 2010, en provenance du Cameroun, mais aussi du Tchad, de la RCA, du Nigeria etc. s’ajouteront ceux qui, pour la première fois, seront inscrits dans ces niveaux inédits à l’échelon de l’université camerounaise, soit environ 70 000 nouveaux venus.

Comment résoudre la pression infrastructurelle ?

Le gouvernement de la République, sous le comité de M. le Premier ministre, a initié en 2006 le programme d’appui à la composante technologique et professionnelle de l’enseignement supérieur (PRO-ACTP) financé à hauteur de 31,45 milliards sur fonds IADM (Initiative d’allègement de la dette multilatérale), le projet AGIR (Activités génératrices des initiatives rentables) financé à hauteur de 4 milliards et demi sur fonds PPTE et les BIP des universités d’Etat. Des réalisations remarquables ont été menées dans cette perspective (amphithéâtres, salles de TD/TP, blocs informatiques, ateliers, bureaux des enseignants etc.) dans les sept universités d’Etat.

Mais le problème, disons de l’engorgement, semble récurrent. Est-il incurable ?

Il n’est pas incurable. Il est lié à la poussée démographique qui, en général, dans tout pays en voie de développement, est supérieure au soubassement infrastructurel. Toutefois, les efforts du président de République, Paul Biya, pour résorber ce déficit du ratio population estudiantine/quantité et qualité des infrastructures académiques sont lisibles et visibles dans tous les campus. A terme, le décalage sera substantiellement réduit. Il importe de souligner que les campus numériques mis en place dans toutes les universités d’Etat en général et les deux universités virtuelles (une à vocation nationale et une à vocation sous-régionale) ouvertes en juillet dernier à l’université de Yaoundé I permettent de résoudre partiellement le problème des infrastructures, car ils induisent l’enseignement non présentiel. (Le e-learning n’exige pas des infrastructures aussi colossales que l’enseignement classique ou analogique dit présentiel). Au demeurant, le centre d’études à distance (ancien GDLN) mis sur pied à l’institut de la gouvernance universitaire numérique constitue un puissant outil de matérialisation de l’enseignement non présentiel.

Çà et là dans les universités, de nouveaux bâtiments sont construits. Suffisent-ils à réduire sensiblement et durablement le problème ?

Les nouveaux bâtiments atténuent le déficit. Des solutions palliatives sont aussi mises en œuvre (location de bâtiments fonctionnels, notamment). Les PRO-ACTP 2e et 3e génération résoudront progressivement et durablement cette question récurrente et lancinante, tout comme les universités virtuelles, le Centre d’études à distance et les campus numériques.

Dans certaines villes, Douala notamment, les universités d’Etat louent des bâtiments privés pour compléter leur offre de places. Jusqu’à quand ?

Les solutions palliatives fonctionnent jusqu’à la fin des PRO-ACTP (1ere, 2e et 3e générations). De 31,45 milliards (1ere génération), nous atteindrons environ 100 milliards (3e génération). Les BIP et le projet AGIR serviront aussi d’adjuvants financiers. Toutefois, une inconnue demeure : quelle sera la demande estudiantine dans 15 ou 25 ans ? Au terme de la loi d’orientation du 16 avril 2001, l’accès à l’enseignement supérieur est libre et équitable. C’est dire que le problème du ratio effectifs/infrastructures est fort complexe, car il dépend aussi du taux de natalité et du taux de scolarisation qu’il est difficile de quantifier sur une durée de 20 à 25 ans, malgré le raffinement des méthodes quantitatives adoptées par les probabilistes (statistiques et probabilités) et les économistes de l’éducation.

A cela, il faut ajouter la question, toujours délicate, du logement universitaire. Pouvons-nous avoir une idée de capacités d’accueil actuelles à travers le pays ?

Les capacités d’accueil, dans ce secteur, sont faibles (environ 15 000 places pour à peu près 200 000 étudiants, secteurs public et privé confondus) Toutefois, cette insuffisance criarde est heureusement compensée par le boom des mini-cités privées. Pour éviter l’exploitation des étudiants par les bailleurs (prix exorbitants, mais salubrité, sécurité et confort quasi inexistants), l’Etat a pris des dispositions réglementaires idoines pour homologuer et rationaliser les taux de loyers et assurer la qualité du logement (salubrité, confort, habitabilité, sécurité), la brigade spéciale des taux de loyers exigés aux étudiants dans les cités privées fonctionne avec efficacité, en liaison avec les préfets qui président les antennes locales et les directeurs des centres des œuvres universitaires de chaque université qui assurent le secrétariat permanent. Les déviances des deux parties (mercantilisme outrancier de certains bailleurs et insouciance de quelques étudiants qui, par exemple, ne paient pas leurs loyers à temps et aux taux prescrits) sont rapidement examinées puis corrigées par ces instances, voire par l’association des propriétaires des mini-cités et les Associations des étudiants. Je saisis, du reste, l’opportunité que vous m’offrez pour féliciter les recteurs, la brigade et des Associations concernées et les exhorter à persévérer dans la voie de la vigilance et du respect de la réglementation qu’ils ont choisie.

Je signale que les deux cités construites par le ministère de l’Enseignement supérieur au campus de Ngoa-Ekelle (400 lits x2) et la cité de l’ingénieur et du médecin (université de Yaoundé I) seront fonctionnelles au cours de cette année académique. Des négociations sont aussi en cours entre le ministère de l’Enseignement supérieur et d’importants investisseurs étrangers pour la construction massive des logements estudiantins dans toutes les universités d’Etat avec les fonds propres des opérateurs privés, grâce au système BOT (Buid, Operate, Transfer). C’est par ce biais que l’Etat résoudra définitivement cette question délicate et fort sensible.

A l’occasion de la conférence des recteurs, on a appris que des arnaqueurs pouvaient sévir contre des jeunes en quête de place dans les universités. Etes-vous au courant et que fait le Minesup face à cela ?

Il s’agit d’un délit d’escroquerie qui est réprimé par les dispositions pertinentes du code pénal au niveau général de l’Etat. A l’échelon du département de l’Enseignement supérieur, la commission ministérielle de lutte contre la corruption et la promotion de l’éthique et ses démembrements dans chaque université sont au courant de ce dossier. Ils sont à pied d’œuvre non seulement pour éradiquer ce fléau par des sanctions exemplaires mais aussi pour le prévenir (sensibilisation de la communauté universitaire et intensification de la communication formelle et informelle).

 

Propos recueillis par Alliance NYOBIA




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