Nord: Encore des cas isolés dans certaines villes
Malgré l’extinction de certains foyers, l’épidémie est toujours présente dans la région.
Jusqu’à hier matin, quatre malades de choléra étaient encore internés à l’hôpital régional de Garoua. Il s’agissait de deux adultes et deux enfants, dont un bébé de moins d’un an. Par ailleurs, l’un des quatre malades, de l’avis des infirmiers présents, serait un ancien pensionnaire de ce centre hospitalier, qui aurait rechuté. Joint au téléphone, le secrétaire général de la Croix-Rouge pour la Bénoué, Njikam Ousmanou, déclare que ces cas sporadiques enregistrés ces derniers temps à Garoua, proviennent notamment des quartiers populeux tels que Djamboutou, Souari, Yelwa, Camp Chinois, entre autres. Cependant, aucun décès de cholera n’a été enregistré depuis quelques semaines sur l’étendue de la région. Des sources concordantes, le dernier chiffre en date fait état de 7 décès dans la région du Nord, pour 147 cas enregistrés à la date du 13 septembre dernier. C’est le département de la Bénoué qui paie le plus lourd tribut, avec 60 cas enregistrés dans l’arrondissement de Garoua 1er et une cinquantaine dans Garoua 2e. Dans le Mayo-Louti par contre, cinq aires de santé sur treize sont touchées par la maladie. Et les derniers chiffres parlent de 32 cas pour 2 décès. Cependant, l’épidémie semble croissante dans ce département, compte tenu des eaux des rivières qui proviennent du département du Mayo-Tsanaga dans l’Extrême-Nord, une unité administrative fortement touchée par l’épidémie. Et le secrétaire d’Etat à la Santé Publique, Garga Alim Hayatou, appelait déjà la population de ce département à plus de vigilance par rapport à l’épidémie, lors de sa récente décente sur le terrain.
Au cours de cette réunion, le délégué régional de la Santé publique Dr. Abdoulaye Yougouda, avait déclaré que 67 % des cas de cholera dans le Nord, proviennent des districts de santé de Garoua I et II. Et la tranche d’âge la plus touchée par l’épidémie se situerait entre 15 et 44 ans. Parmi les malades, 55,7 % sont des hommes et 44,3 % des femmes.
Depuis le déclenchement de l’épidémie de cholera dans la région du Nord, le gouvernement est sur le terrain avec ses partenaires. La Croix-Rouge camerounaise vient d’ailleurs de recevoir, selon Njikam Ousmanou, un appui de l’Unicef pour le recrutement de 60 volontaires à Garoua I et II, afin de continuer la sensibilisation, les traitements et les désinfections des points d’eau et des latrines.
DIKWE FODAMBELE
Extrême-Nord: Plus de 6000 patients guéris
Grâce aux efforts conjugués des pouvoirs publics et des partenaires,l’épidémie amorce une courbe descendante.
Les derniers chiffres communiqués par la délégation régionale de la Santé publique de l’Extrême-Nord indiquent 6576 malades guéris sur un total de 7 048 cas enregistrés depuis l’apparition du vibrion cholérique le 6 mai 2010 au centre de santé de Ngouma dans le district de santé de Makary. Le Dr Rebecca Djao relève tout de même qu’au 24 septembre 2010, 472 sujets étaient passés de vie à trépas durant les quatre derniers mois, dont 266 décès en communauté et 202 décès survenus dans les formations sanitaires.
Avec 3 380 cas de malades enregistrés pour 207 décès, le département du Mayo-Tsanaga reste toujours en tête dans le hit parade régional et national des victimes du vibrion cholérique. Le Mayo-Kani qui, depuis l’apparition de l’épidémie du choléra n’avait pas encore enregistré de cas de maladie vient d’entrer dans la nasse, à travers le district de santé de Mindif qui, il y a quelques jours, a notifié trois cas. Actuellement, un seul de ces malades reste en vie. L’un est décédé en communauté, tandis que l’autre a rendu l’âme dans un centre de santé.
Depuis le début de l’épidémie, les pouvoirs publics sont sur tous les fronts. En plus de la prise en charge gratuite des malades, un accent est mis sur la conscientisation des populations, notamment les mesures d’hygiène à observer afin de ne pas contracter la maladie. A ce sujet, des équipes mobiles constituées des personnels de la Santé publique et des volontaires formés dans le domaine sillonnent les villes et les villages de l’Extrême-Nord. En langues locales, elles apprennent aux populations les dispositions à prendre pour ne pas contracter le vibrion cholérique. Outre cette tâche de sensibilisation, ces personnes procèdent au traitement des points d’eau et à la désinfection des latrines. De même, elles désinfectent systématiquement les concessions où réside un malade de choléra, ou même celles où est déclaré un cas suspect. Et les résultats sont palpables. Chaque semaine, des personnes guéries regagnent leurs communautés respectives. Ce résultat est le fruit des efforts consentis par les autorités en charge de la santé, mais aussi du concours des partenaires, notamment l’Unicef, le Hcr, l’Unfpa, la Croix rouge, l’Oms, Care Cameroon, Plan Cameroon, Médecins sans frontières entre autres.
Patrice MBOSSA





