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Pleins feux sur l'emprunt obligataire - Simplot Kwenda:« L’emprunt devrait soulager les finances publiques mises à rude épreuve »

Index de l'article
Pleins feux sur l'emprunt obligataire
Un domaine bien codifié
Gros atouts,grosses contraintes
Martin Abega: « Il faut savoirà quoi servira cet emprunt »
Côte d’Ivoire: An Example to Emulate
Simplot Kwenda:« L’emprunt devrait soulager les finances publiques mises à rude épreuve »
Toutes les pages

Simplot Kwenda:« L’emprunt devrait soulager les finances publiques mises à rude épreuve » consultant, directeur du cabinet Money Links.

Quel est l’intérêt pour l’Etat du Cameroun de recourir au marché financier pour un emprunt obligataire ?

Il n’est pas sans intérêt de rappeler que, s’il demeure peu usité en Afrique centrale, le recours au marché financier local pour lever des ressources obligataires est une pratique très courante dans nombre de pays africains. En y recourant, le Cameroun dont le crédit et la signature s’y prêtent, place dorénavant la gestion de ses finances publiques dans une perspective de marché. Avec le marché des effets publics de la BEAC, la DSX et même (pourquoi ne pas l’envisager) la BVMAC, le Cameroun dispose des infrastructures de marché qui lui permettent de mobiliser des ressources financières indifféremment des échéances, allant du jour le jour au long terme. Or justement, le financement public via les marchés financiers est un exercice complexe, qui véhicule des exigences de discipline budgétaire, de robustesse institutionnelle et fonctionnelle des administrations financières et de capacité de maitrise des pratiques de marché. Une bonne préparation accroît les chances de succès des émissions publiques sur la durée ; d’autant qu’un Etat qui présente une bonne maîtrise des opérations et entretient un bon relationnel avec les marchés financiers s’enrichit de la confiance des investisseurs aux financements desquels il peut accéder aussi souvent que ses besoins de développement le commandent.

Que peut apporter cet emprunt obligataire de 200 milliards de Fcfa à l’économie nationale ?

Au niveau des finances publiques, l’emprunt a lieu au moment où l’Etat traverse une crise de trésorerie. Il devrait certainement apporter un soulagement aux finances publiques mises à rude épreuve. Corrélativement, l’emprunt envisagé devrait accroître le stock de la dette publique, provoquant mécaniquement une hausse des déficits structurels de l’Etat. Etant donné les coûts de sortie (tirés par les taux d’intérêt et les frais de marché) élevés comparativement aux prêts concessionnels, les coûts de financement de l’Etat s’en trouveront renchéris de manière sensible.

Au regard de l’Epargne nationale, une sensibilisation parfaite permettrait d’intéresser les Camerounais de toutes les classes sociales ; ce qui pourrait contribuer à la ?désinformelisation? d’une frange de l’épargne pour le financement du développement. Les institutionnels y tireront de la matière pour la valorisation de leurs actifs, si les conditions de taux et de durée s’y prêtent. Toutefois, sous la réserve des orientations de structuration qui seront retenues par le syndicat des arrangeurs, le taux d’épargne sur livret devrait être affecté au profit de l’épargne en valeurs mobilières ; de même qu’on pourrait noter une décollecte plus ou moins significative sur les supports d’épargne contractuelle, tels que l’assurance – vie. A l’évidence, si les stratégies de placement retenues sont pertinentes, on pourra constater un impact réel sur les choix d’allocation des ménages mais aussi des institutionnels. La raison est simple : l’offre des produits d’adossement pour les actifs des ménages et des institutionnels est rare ; ces derniers, très enclins à profiter des avantages fiscaux de ce type de produit savent pouvoir trouver dans la tendance haussière de la courbe des taux, une aubaine.

Au plan socio – économique, l’usage fait des ressources mobilisées pourrait constituer un levier de l’amélioration du bien – être des populations et de relance de la vie des affaires. Le gouvernement affirme que les capitaux mobilisés seraient affectés au financement des investissements publics ?structurants?. Il faut espérer que l’emploi de ces ressources privilégie les projets dont la rentabilité financière et socio-économique est clairement appréhendable. Le financement boursier est impropre à d’autre usage. Il importe qu’à terme, le service de la dette obligataire soit financé de façon directe ou indirecte par le projet sous-jacent.

Et à la vie de la bourse elle-même ?

En rapport avec la bourse des valeurs, la capitalisation boursière obligataire devrait connaître un bond significatif ; ce d’autant que, seul à ce jour l’emprunt SFI anime ce compartiment de la côte officielle. Les revenus de la bourse et de tous les prestataires affiliés s’en trouveront autant améliorés, étant entendu que leur rémunération est adossée sur les actifs transigés ou en conservation. Toutefois, bien que constituant une opportunité réelle pour le marché boursier camerounais, l’emprunt envisagé peut tout aussi être un vecteur de risque pour la DSX. En effet, l’institution boursière s’en trouve érigé en un instrument de décompte du crédit et de la signature de l’Etat. Ses infrastructures techniques et réglementaires doivent être suffisamment performantes et sécurisées pour limiter les expositions de l’Etat aux attaques boursières de tout ordre dans de conditions de marché liquide, fiable et transparent.

 

Propos recueillis

par Eric Vincent FOMO



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