Beaucoup de parents se demandent toujours, pour les féliciter, comment les maîtresses de maternelle réussissent à transformer les tout petits en peu de temps. Mais surtout comment elles font pour supporter, en longueur de journée et d’année, des enfants de tous horizons dont elles s’occupent. Et pour quels traitements ! « Il y a des parents qu’on ne voit plus jusqu’à la fin de l’année scolaire », déplore Martine Evina, responsable d’un classe maternelle. Mais s’il ne s’agissait que de la reconnaissance des parents, les instituteurs le supporteraient plus facilement.
En effet, d’une manière générale, comparés à leurs confrères des lycées et collèges, les instituteurs n’en mènent pas large, côté carrière, opportunités, et même rémunération. Si les diplômés des écoles normales supérieures sont directement intégrés à la Fonction publique, ceux des ENIEG en sont, toujours, à espérer une contractualisation qui n’arrive pas toujours. Et quand elle arrive, elle donne droit à un salaire pas souvent à la mesure du travail abattu. L’instituteur tient la même classe en longueur de journée et dispense des leçons aussi variées que le français, les mathématiques, la morale, l’environnement, etc. gagne quasiment la moitié du salaire de son collègue du secondaire qui ne reste jamais plus de deux heures avec les mêmes garnements. Alors que le premier est occupé tous les jours ouvrables, le second, fonctionnaire de catégorie A2, se retrouve souvent seulement avec trois jours de cours sur les cinq de la semaine. Et il trouve encore le moyen de vouloir arrondir les fins de mois.
C’est ainsi que les répétitions sont organisées çà et là pour ceux du secondaire, quand les parents des enfants du primaire estiment qu’ils peuvent encore suivre leurs enfants à la maison. Pour ce qui est des vacations, ce n’est même la peine de les évoquer pour les maîtresses et maîtres qui ont souvent la chance de travailler par paire dans certaines écoles. Pour certains enseignants l’une des sources de motivation continue est de savoir qu’il y a des enfants qu’ils ont positivement marqués et qui, des années plus tard, les reconnaissent à un coin de rue en leur rappelant quand ils sont passés dans leur classe. Parce que souvent après dix ans ou plus, ils sont toujours soit dans la même salle de classe, soit dans la même école alors qu’ils auraient pu laisser tomber la craie et le tableau et se retrouver dans un autre secteur d’activité plus florissant.
Jocelyne NDOUYOU-MOULIOM





