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Enseignants: entre vocation et nécessité - Pr. Nicolas Gabriel Andjiga:

Index de l'article
Enseignants: entre vocation et nécessité
Between Vocation and Quest for Money
Instituteurs, parents pauvres du système
Private Classes: Inevitable Source of Income
Matricule, quand tu nous tiens…
Pr. Nicolas Gabriel Andjiga:
Toutes les pages
« La société doit aider l’enseignant à rester un modèle »

Pr. Nicolas Gabriel Andjiga, directeur de l’Ecole normale supérieure de Yaoundé.

Face à la ruée des candidats à l’Ecole normale et lorsque que observez vos élèves par la suite, pensez-vous que c’est vraiment par vocation qu’ils veulent être enseignants ?

Oui, je crois ! Dans tous les cas, sans vocation vous ne tenez pas. Parce que chaque jour, vous devez entrer en classe, avoir quelque chose à dire à vos élèves, quelque chose de pertinent, de conforme au programme et qui respecte l’actualité scientifique. Ce n’est donc pas un métier de mercenaire. C’est pratiquement le berger qui chaque jour, amène son troupeau au pâturage. Si vous y entrez sans vocation, vous en ressortez rapidement. Cela dit, le nombre croissant de jeunes qui viennent pour le concours est proportionnel au besoin en enseignants. Par conséquent, cette ruée à l’Ecole normale pour nous est une bonne chose. Au moins comme ça, on peut faire le choix des meilleurs. Maintenant, l’enseignement est un métier si prenant qu’on peut comprendre que quelque fois, malgré la vocation, pour des raisons extraprofessionnelles, certains puissent se fatiguer.

Donc, selon vous, la course aux écoles normales n’est pas une course au matricule ?

On ne peut pas le dire aussi facilement. Premièrement, les temps ont changé. Cette-à-dire qu’avec l’arrêt de recrutement dans les autres corps, les enseignants partaient chercher des postes ailleurs. En réalité ce sont les autres ministères dans le besoin qui venaient chercher les enseignants. Il y a donc eu ce prisme où, le recrutement des seuls enseignants a entrainé que la Fonction publique cherche les fonctionnaires là où ils étaient. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. C’est donc pourquoi je ne crois vraiment pas qu’il y ait aujourd’hui une course au matricule. Pensez-vous que le passage à l’école normale suffit pour faire un enseignant digne de ce nom ?

La tâche de l’enseignant est visible. Elle n’est ni fictive, ni virtuelle. Un enseignant ne peut pas tricher. Enseigner est si restrictif que si vous n’êtes pas bon, vous aller cesser de vous-même et très vite. C’est pourquoi c’est un métier de vocation. Les brebis galeuses ne sont pas nombreuses sinon on les verrait. Maintenant, à l’Ecole normale, il y a de plus en plus une campagne contre tout acte déviant. La tricherie notamment. Dès que vous êtes pris, c’est le conseil de discipline et l’exclusion directe. On ne veut pas faire de grosses publicités dessus pour qu’il n’y ait pas la double faute. C’est-à-dire une faute académique et une faute sociale qui jette l’opprobe sur les gens. Mais c’est clair, à l’école normale, la première chose qui est non seulement théorique mais pratique, c’est qu’il est interdit d’avoir un comportement déviant sous peine d’être exclu de l’école. Autre chose qu’il faut savoir c’est que l’enseignant n’est pas une monade. L’enseignant n’est pas un corrompu sans corrupteur. Il faut que la société aide ce modèle à le rester. Il y a des parents qui demandent des choses horribles à l’enseignant, à se demander s’ils jouent vraiment le rôle de parents et de partenaires à l’éducation. On attend de l’enseignant qu’il soit un modèle et je puis dire qu’il l’est. Mais il revient aux autres de l’aider à le rester. Pour me résumer, à l’école normale, il n’y a pas seulement une formation théorique à l’éthique, il y a surtout des sanctions.

Si on questionnait la formation de façon générale. A votre avis, qu’est-ce qu’on pourrait y ajouter ?

L’Ecole normale a des formations théoriques pour que les connaissances restent à jour. Il y a aussi la formation pratique, qui se fait par des stages d’imprégnation. Quelque fois, on peut parler des équilibres. Faut-il une théorie plus longue avant la pratique ? Faut-il plus de pratique après la théorie ? Faut-il théoriser la pratique ou faut-il pratiquer la théorie ? Dans tous les cas l’Ecole normale est à la recherche de cet équilibre entre théorie et pratique. Deuxièmement, il y a l’aspect moral. Sans arriver à une obsession, on peut toujours améliorer le module de comportement moral. Je souhaite qu’on ne prenne pas ces problèmes, ces équilibres théorie pratique et morale comme un problème interne à l’Ecole normale, parce que c’est un problème de l’employeur aussi. Que par exemple les salaires soient là à temps pour que les gens n’aient pas à se servir d’autres ressources pour vivre. Bref, il s’agit là de trois composantes qui à mon sens, devraient être améliorées pour maximiser la formation.

N’y a-t-il pas aussi un problème de formateurs ? Vu que les écoles normales se multiplient au Cameroun.

Il faut déjà savoir qu’il y a un gros besoin d’enseignants dans notre pays. Parce que les gens ont souvent l’impression qu’il y a trop de personnes en formation dans les écoles normales. Ce n’est pas vrai, il n’y en a pas trop. Deuxièmement, un licencié qui passe par l’Ecole normale avant d’aller sur le terrain sera forcement un meilleur enseignant. Néanmoins, oui, on a des besoins d’enseignants pour améliorer l’encadrement, pour rentrer dans les normes d’instruction. Mais, cela étant dit, cette formation à l’heure actuelle n’est pas mauvaise.

Propos recueillis par Félicité BAHANE N.



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