Dix bougies sur un gâteau d’anniversaire. Le Grand prix cycliste international Chantal Biya a dix ans. Dix ans déjà ? Oui, dix ans. Sortie des fonts baptismaux en 2001, l’épreuve cycliste ayant pour marraine la première dame camerounaise, Chantal Biya, résiste. Elle tient la route. Solidement. La petite course de campagne de départ s’est muée en une gigantesque compétition qui impose, au fil des années, sa marque sur les routes des régions du Centre et du Sud. En franchissant la barre symbolique de dix éditions, le Grand prix Chantal Biya, né dans le sillage des grandes victoires camerounaises sur la scène africaine (Can 2000) et sur le plan international ( Jeux olympiques 2000 ), peut être considéré comme l’un des vestiges de l’époque dorée du sport camerounais. Ce vestige a un nom : la victoire. Dès demain, la caravane de la dixième édition va donc s’ébranler. D’abord sur les routes de Yaoundé, au Boulevard du 20 mai notamment. Ensuite vers Ebolowa, la ville du comice.
Pour la troisième année d’affilée, la course fait demain un crochet par le chef-lieu de la région du Sud. Elle ira ensuite à Zoétélé, Sangmélima, Meyomessala avant de revenir samedi, dans les coups de 13h, sur Yaoundé. Sur la soixantaine de coureurs qui prendront le départ de l’épreuve, dix-huit portent les couleurs camerounaises. A l’aube du coup d’envoi de l’épreuve, le Cameroun nourrit un secret espoir. Celui d’enfiler de nouveau le maillot jaune. Flaubert Douanla a été le dernier compatriote à monter sur la plus haute marche du podium. C’était en 2006. Le Néerlandais Peter Van Agtmaal est le détenteur en titre du maillot jaune. Cela fait quatre ans que les cyclistes camerounais broient donc du noir sur ce circuit réaménagé en 2008 avec l’introduction de l’étape Yaoundé-Ebolowa. Pendant trois jours, du 6 au 9 octobre 2010, les coureurs avaleront 471 Km environ, longueur de cette course qui verra la participation d’une dizaine de pays africains (Congo, Gabon, Sao Tome et Principe, RCA, Angola), européens (France, Slovaquie) et asiatiques (Japon). La dimension internationale du Grand prix Chantal Biya est affichée. Elle s’affirme plus que jamais. Cette compétition est devenue une grande vitrine.
Les pouvoirs publics, le MINSEP en tête, sont convaincus que cette course cycliste peut tirer le mouvement sportif camerounais vers le haut. C’est pour cette raison qu’ils n’ont ménagé aucun effort pour faire de l’édition 2010 un succès éclatant. Comme un lampadaire irradiant une ardente flamme, le dixième anniversaire du Grand prix Chantal Biya, est investi d’une mission : éclairer la forêt du sport camerounais, dans la pénombre depuis un moment, avec son phare. La grosse curiosité de cette année réside sur la participation des Japonais. Après avoir damé le pion aux Lions du football en Afrique du Sud, viendront-ils encore « gâter » la fête aux Lions du vélo? Le plateau de cette dixième édition est tout simplement alléchant. Au fil des ans, la notoriété Grand prix s’accroît. La course gagne en popularité. Il suffit de voir les grappes humaines qui s’agglutinent aux abords des routes lors du passage de la caravane. Si le Grand prix Chantal Biya n’avait pas existé, il aurait fallu le créer. Comme il existe donc, il faut donc profiter des émotions qu’il procure aussi bien aux cyclistes qu’aux spectateurs qui dégusteront ce week-end le gâteau d’anniversaire. Happy Birthday Grand prix !
Cameroonian Cyclists Brace Up For Excellence
Some 18 cyclists are fine-tuning strategies to succeed last year’s winner, Dutchman, Peter Van Agtmaal.
With all almost set for the kicker of the 10th edition of the Chantal Biya International Cycling Tour to rumble off Wednesday October 6, 2010, Cameroonian cyclists are oiling their wheels to benefit from home advantage and make true a host and win vision which failed to work last year. The country’s flagbearers, 18, grouped into three teams, will be seeking to outclass Dutchman, Peter Van Agtmaal, who won the 9th edition last year. There are also other medal hopefuls from over ten countries, announced for the annual cycling fiesta.
The domination of foreign cyclists has been remarkable of late. Last year’s winner, Peter Van Agtmaal wore yellow in 2007 while Frenchman, Thomas Rostollan won in 2008 although the Cameroon’s SNH velo team has been calling the shots.
With experienced cyclists like Yves Ngue Ngock who won the first lap of the tour in 2008 as well as no-nonsense cyclists like Martinien Tega, Demien Tekou, Joseph Sandra, Flaubert Douanla as well as Clovis Guewa who constitute team A of the country’s representatives, hopes are high that an excellent competition could be in offing. They have a wealth of experience in the competition’s nine years of existence and would need to prove that experience could triumph over exuberance from youthful cyclists announced from newcomer-Soa Tome and Principe as well as old-timers like Congo, Central African Republic, Angola, Gabon, Japan, France and Slovakia.
While these cyclists will be battling to re-emerge, others will be striving to bold their names in the competition’s records. These are the likes of team B holders: Francklin Nguinkem, Noel Tenetsop, Isidore Nokedjeu, Martin Ngue Ngock and co as well as the youthful team, christened “equipe espoirs” manned by Dieudort Kemzon, Abessolo, Arthur Tella and Simon Sandeau, among others. Besides their ambitions to excel, make a name and honour the country, the National Technical Director, Jean Philippe Duracka, sounded upbeat that with three weeks of intense camping, Cameroon could once again wear the highly-priced yellow jersey. The last time the country won the yellow jersey, considered as the overall best by the International Cycling Union, was in 2006 through Flaubert Douanla.
The terrain is not unknown to the cyclists neither do they need to acclimatise. Ensuring that their bonuses are paid on time and that they are motivated in other ways would be an added push that could propel the boys to stretch limits and mount the podium when the tour rounds off on October 9, 2010.
Godlove BAINKONG
Les 18 coureurs camerounais
Cameroonian Cyclists Brace Up For Excellence
Equipe A
Martinien Tega
Damien Tekou
Joseph Sanda
Flaubert Douanla
Yves Ngue Ngock
Clovis Guewa
Equipe B
Franklin Nguinkem
Noël Tenetsop
Isidore Nokedjeu
Eric Nguetsa
Marti Ngue
Robert Tawedi
Equipe Espoirs
Dieundort Kemzon
Abessolo
Arthur Tella
Simon Sandeau
Yannick Lontsi
Robert Fotsing
Le Cameroun en reconquête
Sanda, Douanla, Tekou, Tega, Ngué Ngock portent les chances de victoire des Lions.
Les performances individuelles des dix-huit coureurs retenus pour le dixième Grand prix Chantal Biya autorisent l’espoir. Martinien Tega, habitué des courses continentales et nationales a bouclé le Tour du Cameroun (2009) à la troisième place. Du potentiel physique et technique, il en a dans ses bagages. En 2004, cet habitué du Tour du Faso, du Tour du Sénégal, de la Tropicale Amissa Bongo, avait remporté le Tour du Cameroun. S’il y a des hommes auxquels il faut penser lorsqu’on évoque les coureurs susceptibles de remporter le Grand prix international Chantal Biya, Martinien Tega ne manque pas à l’appel. Comme lui, Yves Ngué Ngock peut être l’homme de la victoire. Lui qui voudrait se racheter depuis longtemps, pour le prologue manqué de l’an dernier. Cette compétition est l’occasion indiquée pour laver l’affront. Il a hâte d’arriver à Yaoundé, auréolé du maillot jaune.
Clovis Guewa, lui, a une histoire à achever au Grand prix international Chantal Biya. En 2007, lors de la 7e édition de cette compétition, il occupe le 7e rang au classement général. Cette année, il voudrait bien achever ce pan de l’histoire resté en suspens depuis 2007. L’un des faits marquants de cette dixième édition est le retour de Joseph Sanda, victime d’un grave accident de circulation il y a deux ans. Le public espère que le natif de Mokolo a retrouvé ses jambes d’antan. Remporter le maillot jaune ou gagner quelques étapes, tel est l’objectif de Damien Tekou, Flaubert Douanla, Franklin Nguimkeng Noël Tanessop et compagnie. On attend juste que la fête commence.
Angèle BEPEDE
« Nous n’allons rien lâcher »
Jean Philipe Duracka, directeur technique national de cyclisme.
Comment s’est passée la préparation des coureurs camerounais ?
Nous avons passé onze jours de stage sur le terrain. Nous avons fait trois fois le circuit du Grand prix .Nous avons étudié toutes les parties stratégiques pour porter une attaque à un moment donné. Au niveau du collectif, je suis très confiant et satisfait de mes coureurs. J’ai réussi à créer une union et on travaille vraiment en phase. On a fait du très bon boulot. Pendant ce stage de onze jours, j’ai passé trois jours à faire la connaissance du mouvement cycliste camerounais. J’ai sorti vingt noms que j’ai retenus pour huit jours de stage. L’Union cycliste internationale nous impose six coureurs par équipe. Pour moi, chacun des 18 a sa place dans le groupe et sait ce qu’il a à faire. A un moment donné, il faudra savoir se sacrifier. Il faudra travailler pour les leaders. Ce qu’on veut, c’est qu’un Camerounais remporte la victoire. Le stage a été relativement éprouvant parce qu’il a fallu qu’on se batte avec des moyens restreints. Les coureurs faisaient 160 km par jour avec des bananes et de l’eau seulement. Avec les petits moyens qu’on a eus, je crois qu’on a fait un excellent travail.
Comment est composé ce groupe de 18 dont vous parlez ?
Le groupe est séparé en différentes catégories de coureurs selon la spécificité de chacun. J’ai des coureurs qui ont un potentiel physique supérieur à d’autres et certains qui ont des qualités techniques pour un moment donné. J’ai abordé un schéma tactique où chacun a sa place et chacun aura une fonction au niveau de l’équipe nationale qui est composée de 18 coureurs. En sachant qu’il y a cinq ou six coureurs qui peuvent remporter le Grand prix. C’est un sport individuel mais qui se gagne par équipe. Le dispositif est bien mis en place.
Un mot sur les équipes engagées…
J’ai appris ce matin (Ndlr : samedi) que la Slovaquie est présente. C’est le vainqueur du dernier Tour. Je n’avais pas prévu qu’il soit là, il va falloir que j’étudie la stratégie d’approche. Le deuxième du Tour, Vincent Gravitz est là aussi avec France militaire. Il manque quelques équipes africaines performantes. Mais, le Grand prix sera un peu l’équivalent du Tour du Cameroun. Nous n’avons droit à aucune erreur. Il faudra se battre sur tous les fronts. Dès le premier jour du départ à Yaoundé après le prologue et au retour samedi sur le boulevard du 20 mai, il ne faudra rien lâcher. Ce n’est pas l’adversaire qui compte pour moi. C’est la dynamique qu’on a réussie à créer. Je pense que nos coureurs ont le potentiel physique de gagner. Je regrette l’absence de nations parce que je voudrais plus de confrontations pour jauger le niveau réel des Camerounais. Peut-être cela nous arrangera dans le but final des résultats.
Vous parliez des problèmes de matériel. Est-ce qu’on peut en savoir un peu plus ?
Au niveau du matériel, il a fallu que je travaille d’arrache pied parce que le budget matériel est zéro pour moi. Je suis allé voir mes frères en Europe. Les encadreurs des trois équipes invités Team Allier, France militaire et de l’équipe du Japon m’ont promis de trouver un peu de matériel pour le donner aux coureurs. C’est un peu à but humanitaire qu’ils ont travaillé. Je regrette un peu cet acte parce qu’une nation comme la nôtre devrait être en auto-suffisance et donner ce qu’il faut aux coureurs. J’ai pleuré pour que les adversaires qui sont mes frères m’apportent un peu de matériel. Même pour l’équipe nationale B, je n’avais pas d’équipements. C’est l’équipe nationale du Japon qui me donne les maillots. J’ai peur de ne pas avoir le temps de floquer Cameroun dessus. Mais tout cela n’est qu’un début. Je veux que le nom "Cameroun cycliste" retentisse.
Propos recueillis par Angèle BEPEDE





