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Dossier de la Rédaction

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Lions indomptables: L’incontournable clarification

Index de l'article
Lions indomptables: L’incontournable clarification
la potion du gouvernement
Six pistes pour repartir
Intreview Théophile Abega, ancien capitaine des Lions Indomptables
Crever l'abcès
Toutes les pages

Une équipe aux urgences. Tel pourrait être le titre d’un film consacré à la sélection nationale. Après une Coupe d’Afrique des nations difficile, une campagne de préparation au Mondial poussive, une phase finale de Coupe du monde ratée, la sélection nationale est à la croisée des chemins. Les deux matches disputés après le Mondial sud africain face à la Pologne (3-0) et à l’île-Maurice (3-1) avaient pourtant laissé entrevoir un espoir de rétablissement. Le match nul (1-1) de Garoua installe l’équipe nationale à la deuxième place, derrière le Sénégal, leader avec six points. La sélection nationale n’est pas encore éliminée. Elle possède encore toutes ses chances de se qualifier. Mathématiquement, elles sont mêmes intactes. Si l’équipe nationale prend quatre points au Sénégal, elle peut prendre la tête du groupe E. Le règlement du tournoi des qualifications est clair. Les premiers des onze groupes sont qualifiés directement. Comme les trois meilleurs deuxièmes qui rejoindront le Gabon et la Guinée Equatoriale, co-organisateurs de la Can 2012 et qualifiés d’office.

En ce moment, le Cameroun ressemble plus à un repêché qu’à un leader. Le scénario idéal est que le Cameroun arrache deux victoires au Sénégal, actuellement en pleine forme. Ce qui ne sera pas une mince affaire. Le match aller se jouera le 26 mars à Dakar. Le match retour est programmé en juin au Cameroun. Ce qui inquiète le plus les supporters, c’est la qualité de jeu développée. Le 9 octobre dernier, la copie produite était saturée de coquilles. Ce qui a fait dire à beaucoup d’observateurs que les Lions retombent dans leurs travers. Certains parlent d’un faux pas. D’autres évoquent le malaise. Une chose est sûre. L’équipe nationale ne va pas bien.

Dans cette situation, le sélectionneur est au centre du jeu. Clemente a déjà dirigé deux matches avec le Cameroun, contre l’île-Maurice (3-1) et la RDC. Pour l’instant, on n’a pas encore vu a marque. Le Cameroun vit un paradoxe. Malgré son immense potentiel, le pays ne parvient pas à bâtir une équipe compétitive. Le dernier groupe compétitif remonte au début des années 2000. Et le staff technique ne peut construire un groupe fort qu’en faisant appel aux footballeurs camerounais les plus compétitifs de l’heure. Par ailleurs, le ministre des Sports et de l’Education physique, Michel Zoah, après son passage à l’Assemblée nationale au retour de la Coupe du monde, tout en reconnaissant le malaise, avait pris une série de mesures : nomination d’un nouveau staff technique, création d’une direction technique nationale, réorganisation de la sélection.

A l’observation, ces mesures s’avèrent insuffisantes. L’environnement de la sélection reste encore pollué. Grosso modo, il faut liquider le passif et solder les comptes de la Coupe du monde 2010. Ce qui revient à clarifier les responsabilités des différents acteurs. La France qui a fait une mauvaise campagne comme le Cameroun s’est arrêtée. Des joueurs ont été jugés. Ceux qui ont été condamnés sont en train de purger leur peine. Le président de la Fédération a démissionné. L’équipe est repartie sur de nouvelles bases. Les résultats sont là. Moribonde depuis 2006, la France est en train de renaître. Elle est en tête de son groupe pour les qualifications de l’Euro 2012. Samuel Eto’o laisse entendre qu’il a dressé, comme capitaine, un rapport. Celui de la Fécafoot est attendu. Pour plus de transparence, il serait souhaitable de dévoiler le contenu des différents documents, au besoin les confronter pour pouvoir situer les responsabilités. Ce qui permettra de repartir du bon pied. L’équipe nationale est un bien public. Un patrimoine commun à tous les Camerounais. C.T essaie de démêler l’écheveau. Le regard de Théophile Abega, ancien capitaine des Lions Indomptables, plus qu’un phare, éclaire notre démarche.



la potion du gouvernement


Le ministère des Sports et de l’Education physique multiplie les actions pour tenter de corriger le tir.

Au lendemain de la piteuse prestation des Lions au dernier Mondial sud-africain, le ministre des Sports et de l’Education physique (Minsep), avait dressé le diagnostic. Devant les députés, Michel Zoah était revenu sur les cas d’indiscipline et bien d’autres qui avaient perturbé la sérénité au sein de la tanière. Depuis, le gouvernement a décidé de saisir le taureau par les cornes.

Après le départ de Paul Marie Le Guen, le gouvernement a fait appel à Javier Clemente, réputé pour être un technicien très rigoureux. Il a pour adjoints François Omam Biyick et Jacques Songo’o. Le gouvernement entendait-là donner un nouveau départ à une équipe minée jusque-là par « des problèmes de clans et de pratiques ésotériques », dixit Michel Zoah. Le technicien espagnol connu pour être un technicien à poigne est chargé d’instaurer une discipline de fer dans une équipe où l’indiscipline et les problèmes d’égo semblent avoir fait leur lit. Lors de la cérémonie d’installation de l’entraîneur espagnol, Michel Zoah lui a donné comme principales recommandations, non seulement d’instaurer la discipline au sein de l’équipe nationale, mais surtout de ne sélectionner que les meilleurs afin que les Lions Indomptables retrouvent leurs lettres de noblesse.

Pour aider le patron des Lions, une nouvelle direction technique avec de nouveaux hommes a vu le jour. Une direction technique nationale dont la mission principale est de tracer et de développer la nouvelle politique nationale du football. En filigrane, les Lions sont directement concernés par l’avènement de la nouvelle DTN. Le gouvernement a voulu mettre à la disposition de l’encadrement technique des Lions, non seulement certaines facilités, mais également des ressources humaines et techniques susceptibles de redonner un nouveau souffle à la sélection nationale fanion.

Enfin, il ne fait aucun doute que, lors des états généraux annoncés pour les 18, 19 et 20 novembre prochains, les Lions Indomptables occuperont une place de choix. Jeudi dernier, le Minsep, Michel Zoah, a présidé une réunion de re-mobilisation. Réunion élargie à la Fécafoot et à la direction technique nationale. Les participants ont fait une évaluation du match Cameroun-RDC. Le MINSEP et la Fécafoot sont parvenus à la conclusion d’envoyer une mission de médiation en Europe. Ladite mission conduite par Roger Milla est chargée de rencontrer Samuel Eto’o, Alexandre Song, Achille Emana, Kameni, entre autres. Le MINSEP joue la carte de l’apaisement et du rassemblement.

Louis MATEA



Six pistes pour repartir


1-Solder les comptes de la Coupe du monde

Les observateurs avertis sont unanimes. Le Cameroun n’a pas fait de véritable bilan de sa participation à la Coupe du monde 2010. La crise qui couvait sous la cendre depuis la Can angolaise a explosé à la face du monde en Afrique du Sud. A l’audit sportif, il faudra faire également le point sur les retombées financières. A quoi serviront exactement les 4 milliards de F Cfa que la Fécafoot a reçus de la FIFA. Iya Mohammed souligne que les fonds serviront au développement du football. Que met exactement le président de la Fécafoot dans ce mot de « développement ». Terme trop générique. Il faut peut-être aller loin dans l’explication.


2-Rappeler Javier Clemente à ses devoirs

Juste après le match nul de Garoua, Javier Clemente a repris l’avion le même samedi pour l’Espagne. Selon des sources présentes à Garoua, le sélectionneur n’aurait même pas fait le traditionnel débriefing d’après match avec son groupe. Cette attitude n’a pas été appréciée par le président de la Fécafoot. Le sélectionneur n’a pas passé plus de cinq nuits au Cameroun depuis qu’il a signé son contrat le 28 août dernier. Attendu au Caire la semaine dernière au symposium d’évaluation de la coupe du monde, Clemente s’est fait représenter à ces assisses par son adjoint, Omam Biyick. Le contrat de Clemente contient une clause qui l’oblige pourtant à rester au Cameroun au moins quinze jours tous les deux mois. Le contrat a été paraphé le 28 août 2010. Cela fera donc deux mois qu’il assume ses responsabilités. Le technicien espagnol n’est pas visible. Selon des sources bien introduites, si Clemente ne change pas de fusil d’épaule, ses employeurs se verront dans l’obligation de tirer les conséquences de ce qui apparaît comme un manque d’investissement.

 3- Samuel Eto’o : rester au service du groupe

C’est incontestable. Samuel Eto’o est le meilleur footballeur camerounais de l’heure en activité. Pour beaucoup d’observateurs, il est l’un des meilleurs footballeurs au monde. Sa réussite et sa longévité –plus de 12 ans- au haut niveau constituent des sujets d’école. Mais, depuis quelques années, son nom nourrit la polémique. A tort ou à raison, il est soupçonné de faire la pluie et le beau temps. Nommé capitaine par Paul Le Guen, sa promotion n’avait pas été bien accueillie par certains de ses coéquipiers. Passé cet épisode, il faut le conforter dans ce statut et le mettre en confiance. Lui retirer le brassard pourrait le fragiliser. Cela pourrait encore secréter d’autres problèmes. Samuel Eto’o est la vitrine du football camerounais de l’heure. Par son vécu au haut niveau, il est normal qu’il donne sa position sur la marche des affaires. En revanche, il ne doit pas décider soit à la place des dirigeants, soit à la place du sélectionneur. Il est d’abord un joueur de football, au service de ses coéquipiers et de la collectivité.

 4- Définir les critèresde sélection

Qui doit être appelé en équipe nationale ? Cette question est posée à beaucoup de sélectionneurs. Un moment évacué, le dernier regroupement des Lions a fait resurgir cette question à la surface. Beaucoup de joueurs convoqués n’ont pas de niveau ou ne sont pas titulaires avec leurs clubs. En dehors de Samuel Eto’o, Assou Ekotto et de Eyong Enow, les autres joueurs ont des états de service mitigés. Aboubacar Vincent s’adapte encore au championnat professionnel. Nkoulou ne joue pas défenseur central à Monaco. Bassong n’est pas titulaire à Tottenham. Le niveau de Binya comme celui de Aloys Nong (Standard de Liège) est incertain. Chedjou est moyen. Ndjeng joue en deuxième division en Allemagne comme Ndy Assembé (France). Les niveaux sont très disparates. Dans ces conditions, il est difficile de construire quelque chose de cohérent. Où jouent Franck Songo’o et Joslain Mayebi ? Il faut remettre de l’ordre dans la sélection des joueurs. Pour ce qui est des gardiens de but, Janvier Mbarga, Hugo Nyamé ou Beyokol, n’ont-ils pas le niveau de ceux qui sont convoqués. Charles Itandje qualifié pour le jeu avec le Cameroun ne sera pas le messie. Depuis son départ de Lens pour Liverpool, il a perdu sa compétitivité.

 5-Planifier

La planification passe par l’élaboration d’un chronogramme des activités de l’équipe nationale. Il y a une date FIFA le 17 novembre. A un mois de l’échéance, la sélection nationale ne sait pas encore ce qu’elle va faire de ce créneau international ! Un regroupement ou un match amical ? Le sélectionneur aurait refusé un pays d’Asie qui lui était proposé. Sportivement, son refus peut-être justifié. Le Cameroun dispute les éliminatoires pour se qualifier à la Can 2012. Son prochain adversaire est le Sénégal. L’idéal est de chercher un sparring-partner, de préférence un pays africain, qui a le même niveau que le Sénégal. Au dernier classement FIFA, le Sénégal occupe le 77e rang, juste devant le Malawi, le Cap-Vert, la Zambie et le Bénin. Le Cameroun peut négocier un match amical contre l’un de ses pays avant la confrontation Sénégal-Cameroun pour bien jauger son niveau. La Fécafoot est appelée à revoir sa politique des matches amicaux. Ce n’est pas dégradant de jouer contre les pays africains. Pourquoi les Lions Indomptables ne feraient-ils pas un regroupement à Yaoundé le 17 novembre prochain? Histoire d’apurer les comptes du Mondial et de repartir sur des bases plus saines. Au cours de ce séjour, Clemente peut faire d’une pierre deux coups en donnant le coup d’envoi du championnat annoncé à cette période. Ce qui pourrait créer de l’intérêt autour de cette compétition. Cette date FIFA coïncide, par ailleurs, avec les états généraux du sport qui commenceraient alors par les états généraux de la sélection nationale fanion, vitrine du sport camerounais.

 6- Rassurer les partenaires et l’opinion

Quand commencera le prochain championnat national de football première division ? Bien malin qui pourra être répondre à cette question. La visibilité du calendrier de la Fécafoot, support de travail de base, ne saute pas aux yeux. Ce brouillard n’est pas de nature à rassurer les clubs, les mécènes, les supporters et les partenaires. La clarification du dossier de la Coupe du monde 2010 évoquée plus haut est d’autant plus nécessaire qu’elle est même demandée par l’un des partenaires importants de la Fécafoot qui met en ce moment beaucoup d’argent dans le développement du football camerounais –développement des infrastructures, subventions aux clubs et contrats de visibilité avec les joueurs de l’équipe nationale. Avant le Mondial, cette entreprise qui fait dans la téléphonie mobile avait signé un contrat avec un footballeur, actuellement en disgrâce. L’argent n’aime pas le bruit. Apparemment, l’investissement n’a pas été rentabilisé. La clarification permettra de repartir sur de bonnes bases.

Brice MBEZE

Tackling The Malaise

The draw against Congo revealed the team is yet to regain the conquering spirit of the past.

After the disastrous ousting from the World Cup in South Africa, many people believed it served as a lesson and that the Lions were going to climb down their high pedestal and set to work earnestly to regain their lost glory. With the victory over Poland in a friendly and 3-1 win over the Mauritius Island in the qualifiers for the 2012 African Cup of Nations, gave hope that the Lions were on the path of regaining their fighting spirit. However the draw recorded against the democratic Republic of Congo at home in Garoua, was an eye opener that all was not well yet with the national team.

In his report to the national assembly, the minister of sports and Physical education attributed the disgraceful performance of the Lions in South Africa to clannish tendencies, sorcery and clash of egos. However, nothing was done to exorcise the malaise plaguing the national team. Instead, what we witnessed was deliberate attempt to sideline some players who took part in the South Africa expedition though very talented. While others are being pampered and their opinion sought in the selection of players as to say might is right. If not, how does one explain the fact that players who regular with their clubs are not called up for the national selection whereas club substitutes in the same positions are called up. Since the joint qualifiers for the African Cup of Nations and world cup in 2010, the Cameroon national team has become a testing ground for talents not accomplished players and the result was the stunning draw against Congo in Garoua.

Though promising to consult all the belligerents in the South African fiasco, the assistant coach of the national team, Omam Biyick, said the problem with the so called ostracised players is complicated and needed time to be looked into. With five months to go before the next qualifier match against Senegal, there is enough time for stock taking and putting order in the much cherished national football squad. It is probably with this thought in mind, that the Minister of Sports and physical education in collaboration with the Cameroon football federation, designated Cameroon’s Roving Ambassador, Roger Milla, to carry out a mediation mission with the interested parties in the diaspora. A stitch in time saves nine, that is, if Cameroon wants to avoid another stunning ousting from the 2012 African Cup of Nations which will be taking place next door, in Gabon and equatorial Guinea.

Fred VUBEM TOH
Théophile Abega,  ancien capitaine des Lions Indomptables: « Le diagnostic de la Coupe du monde a été sommaire »

La sélection nationale traverse une période difficile. A votre avis, quelles sont les pistes de sortie de la crise ?

Un diagnostic sommaire a été fait de la Coupe du monde 2010. Je pense qu’il faut faire un véritable bilan de notre participation à cette compétition sur tous les plans. Nous sommes devant une situation complexe. En même temps on doit administrer les remèdes, en même temps la compétition suit son cours avec ses réalités. Il faut du temps pour que la mayonnaise prenne. A l’allure où vont les choses, j’ai l’impression qu’il faut beaucoup de temps. Est-ce qu’on aura véritablement du temps ? Le Cameroun c’est le Cameroun. Le public avisé aura du mal à comprendre que le Cameroun ne puisse pas participer à la Can 2012 qui va se jouer au Gabon et en Guinée Equatoriale. Il faut se qualifier pour sauvegarder l’avenir.

Quelles sont les causes de cette situation ?

C’est un manque de planification. Les jeunes qui jouent aujourd’hui ne s’attendaient pas à intégrer si tôt les Lions Indomptables. La cassure a été brutale avec les ténors. Les jeunes sont certes talentueux mais ne parviennent pas encore à tenir le rang. Il y a encore des joueurs connus qui peuvent encore donner à cette équipe. Je pense à Alexandre Song, Achille Emana, Modeste Mbami. Ils sont cinq ou six. Il serait suicidaire de dire qu’on peut repartir avec les joueurs locaux complètement. Il manque de fortes personnalités dans notre équipe actuelle et un milieu de terrain qui peut faire don de soi, capable de propulser l’équipe et la tirer vers le haut quand il le faut. L’équipe a besoin de quelqu’un qui peut prendre ses responsabilités.

Javier Clemente est-il l’homme de la situation ?

L’entraîneur découvre les joueurs en même temps que les joueurs découvrent l’équipe. Il était temps d’injecter du sang neuf dans le circuit de l’encadrement technique. Javier Clemente a de l’expérience. Il a fait ses preuves. Je ne pense pas qu’il est venu au Cameroun pour s’amuser. Je crois qu’il va demander un peu plus à ses joueurs prochainement. L’entraîneur a déjà évalué. Il a pris la température. Maintenant, c’est la période des décisions.

Quel est le profil du capitaine idéal selon vous ?

Le capitaine est le prolongement de l’entraîneur. C’est quelqu’un qui doit être humble, altruiste. Je gérais de fortes personnalités comme Milla, Bell, Mbida, entre autres. Ce n’était pas facile de les bouger. Le capitaine doit être présent là où on l’attend quand on l’attend. Il doit s’effacer pour pousser l’équipe et ses coéquipiers à la victoire. Il doit savoir prendre ses responsabilités. Mais, le rôle du capitaine évolue. A notre époque, l’équipe était composée en grande partie d’amateurs. La tendance s’est inversée. Elle est presque constituée de joueurs professionnels qui gagnent bien leur vie. Aujourd’hui, il y a plus d’individualisme. Le capitaine n’est pas forcément le joueur le plus talentueux. C’est quelqu’un qui doit fédérer tous les talents pour les conduire vers le but recherché.

 

Propos recueillis par Brice MBEZE


Crever l'abcès

Après la campagne foireuse d’Afrique du Sud 2010 qui a été précédée par les résultats peu satisfaisants de la Coupe d’Afrique des Nations de football (CAN) d’Angola, les Lions Indomptables ont redonné espoir à leurs fans et aux nombreux observateurs avertis du sport roi.

Avec à la clé, un match amical victorieux face à la Pologne et un début des éliminatoires de la CAN 2012 porteur des lendemains meilleurs. Mais lors de la deuxième journée de ces qualifications, le match nul face aux Simba est venu rouvrir une plaie qui n’était pas complètement cicatrisée.

Et pour cause ! En prenant un certain nombre de mesures. Dont entre autres la nomination de Javier Clemente comme entraîneur-sélectionneur de l’équipe fanion et la création d’une direction technique nationale, les instances dirigeantes du sport roi ont voulu assainir le milieu. Toutefois, quelques temps après ces aménagements, on s’est rendu compte qu’elles ne sont pas allés au fond du problème. A savoir crever l’abcès qui gangrène l’équipe nationale de football fanion.

De l’avis des experts du sport roi, ce problème se poserait à deux niveaux. Primo, au sein du onze national actuel. Secundo, dans le suivi du football jeunes. A y regarder de près, l’assainissement de l’équipe des Lions ne posait pas en terme de nomination d’un entraîneur-sélectionneur national. Après la campagne peu concluante d’Afrique du Sud. Précédée elle-même par celle d’Angola, ceux qui ont en charge la gestion du football avaient pour mission première « d’extirper le pus » du sein de l’équipe nationale fanion. Tant qu’on continuera à ne pas tenir compte du climat délétère qui a prévalu au sein de l’équipe, de nombreux problèmes resteront insolubles. La solution de l’avis de certains observateurs avertis ne consiste pas à écarter certains cadres. Ces derniers qui sont encore en mesure d’apporter quelque chose devraient réintégrer la famille. Il est souhaitable que, sur un autre plan, la Fédération camerounaise de football mette sur pied un championnat national de foot jeunes. Grâce à ce championnat jeunes, l’avenir du football camerounais aura la chance d’avoir de meilleurs jours devant lui. N’est-ce pas dans les équipes jeunes ou dans les championnats de foot jeunes qu’on a pu retrouver des perles comme Patrick Mboma, Eto’o Fils, Rigobert Song ?

La fédération ne peut uniquement pas se gargariser des résultats immédiats des CAN et des Coupes du monde, pour en faire une politique nationale de la discipline. Il est question de se remettre en cause pour que l’avenir de notre football soit plus porteur de résultats satisfaisants.

Louis D EDZIMBI

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