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Ce que pèsent les organisations patronales

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Ce que pèsent les organisations patronales
Les trois locomotives
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Le dernier Cameroon business forum l’a bien montré. Le patronat camerounais a une responsabilité certaine. Celle de porter les aspirations et défendre les intérêts des entreprises. Parmi les challenges de l’heure, figurent l’amélioration du climat des affaires, la facilitation des procédures de création des entreprises, l’impulsion de la croissance par la participations aux projets structurants, le dialogue public-privé... En parlant de dialogue, il s’est enrichi depuis le 17 février dernier précisément, d’un nouvel interlocuteur appelé Ecam. Entreprises du Cameroun a clairement défini sa stratégie : développer, par un encadrement adéquat, la capacité d’innover et la compétitivité des PME.

Avant Ecam, il y avait déjà le Gicam et le Mecam. Le premier, plus ancien, né en 1957, est connu pour sa place prépondérante et avisée comme interlocuteur des pouvoirs publics et son investissement dans les solutions aux questions économiques et l’amélioration du climat des affaires. Ses 207 membres dont 15 associations et syndicats professionnels au poids certain, forment un « think-thank » d’où émergent des propositions et observations toujours appréciées. Dernière en date, le point de presse du président Olivier Behle, le 4 mars dernier, où il a été question notamment de la loi de finances 2011, du comice agropastoral d'Ebolowa, de la recrudescence des accidents de la circulation avec leur impact sur l’économie camerounaise.

Le Mecam qui revendique 160 adhérents environ, est aussi sur la brèche, pour trouver notamment des débouchés aux PME, dont c’est aussi le point focal. On se rappelle encore des missions économiques conduites en Afrique du Sud, au Maroc, en Chine ou en Turquie. « Le développement du Cameroun est une affaire de Camerounais. Etre une organisation patronale nationale, regroupant de vrais patrons ayant une influence sur leur entreprise, tout ou partie du capital de ladite entreprise. Ils ne sont pas des représentants d’une filiale de multinationale quelconque », relevait Daniel Claude Abate, l’an dernier, lors d’une assemblée générale du Mecam.

Il faudra désormais compter avec Ecam, qui revendique 220 membres. Ce qui porte à trois, les principales organisations chargées de défendre les intérêts des entrepreneurs. De quel poids pèsent-elles ? La multiplication des organisations patronales constitue-t-elle un atout ou une pesanteur ? Quoiqu’il en soit, ces organisations doivent faire face à de nombreux défis comme la transparence, la bonne gouvernance, le respect du code éthique et de la chose publique, le travail décent, le financement des entreprises, etc. Il y a à faire, car selon des experts, 94.000 entreprises existeraient au Cameroun actuellement, dont 75% sont des PME.

Protais Ayangma Amang, transfuge du Gicam a dit sa vision du patronat, lors du lancement de Ecam à Douala : « Il y a des propositions qui nous ont été faites, notamment que nous devons nous distinguer des autres organisations patronales. J’ai entendu beaucoup le terme de concurrence. Nous nous situons plutôt dans une démarche inclusive. Nous sommes prêts à travailler avec les autres organisations patronales. Nous souhaitons travailler pour la modernisation et l’amélioration de notre économie de façon durable. L’existence de plusieurs organisations patronales a des vertus, car chaque groupement fera désormais plus attention à ses membres. Ça crée de l’émulation ». Plusieurs chefs d’entreprise rencontrés avouent leur satisfaction d’adhérer à ces organisations parce qu’elles auront permis à leur société de se structurer, d’accéder aux opportunités de financement. Reste maintenant à fédérer toutes les énergies, pour que le patronat continue de peser de son poids dans la croissance du Cameroun.


Gicam, Mecam et Ecam jouent des coudes pour la conquête des membres.


Groupement volontaire et privé d'entrepreneurs, dont le but est la défense des intérêts de ses membres. Ainsi se décrit le manteau que revêt une organisation patronale. Elle joue en général le rôle d’interface entre l’Etat et tous les opérateurs du secteur privé. Le patronat camerounais semble avoir de nombreux intérêts à défendre. La preuve, trois organisations majeures évoluent pratiquement dans le même créneau : le Groupement inter patronal du Cameroun (Gicam), le Mouvement des entreprises du Cameroun (Mecam) et Entreprises du Cameroun (Ecam). Le Gicam se définit comme « une organisation patronale majeure et représentative des entreprises du Cameroun, quelle que soit leur taille ou la nationalité de leur capital ». Le Mecam prend la cape « d’une organisation patronale qui a pour rôle la défense des intérêts des entrepreneurs camerounais en priorité ». Ecam se veut, quant à lui, rassembleur « des entreprises dispersées à travers le territoire national et dans la diaspora ».

Au cours d’un entretien accordé à des journalistes, Anselme Kemva, vice-président et porte-parole du Mecam décrivait le Gicam comme « l’antichambre » des opérateurs économiques français et par conséquent, pas suffisamment orienté vers la défense des intérêts des acteurs nationaux. Selon lui, le Gicam ne donne pas une place assez importante aux Petites et Moyennes entreprises (Pme), aux Petites et moyennes industries (Pmi) et les Très petites entreprises (Tpe). Ainsi, « tous les laissés-pour-compte, tous ceux qui n’ont pas de moyens pour adhérer à ce groupement élitiste ont décidé de créer le Mecam », avec pour fondateurs James Onobiono, Alphonse Bibehe et Richard Lowe. Tout comme ces derniers noms, celui du président de Ecam a longtemps fait les choux gras des journaux, au cours de l’élection à la présidence du Gicam en 2008. Election remportée par Olivier Behle, actuel président du Gicam. C’est après cette déconvenue que Protais Ayangma a claqué la porte du Gicam. Ecam, organisation qu’il a fondée le 17 février dernier, a juste un mois.

Les départs de l’organisation-mère se sont donc faits, la majeure partie du temps, dans un climat assez tendu. Entre bagarres de leadership, problème de gestion du positionnement intérieur des membres, frustrations diverses d’une part, et la volonté réelle de faire vraiment bouger les lignes pour un secteur privé plus opérant, seule la qualité du travail de terrain des uns et des autres peut trancher. Le secteur privé est proprement névralgique. Il est le moteur de croissance durable d’une économie. Son bon fonctionnement permet une réduction de la pauvreté concrète, parce que ses retombées auprès des populations sont souvent directes, notamment avec l’implication des Pme, Pmi et Tpe.

Les organisations patronales devraient ainsi être des partenaires de qualité pour l’Etat. Les questions relatives à l’emploi, aux investissements, à la compétitivité des entreprises, à l’assainissement du climat des affaires, bref leur rôle dans la formulation des orientations de politiques économiques nationales est primordial. Elles doivent en principe être une percutante force de proposition. La diversité des opinions ne peut être que salutaire, dans la mesure, bien évidemment, où elle n’entraîne pas la perte de vue des vrais combats. Et c’est la contribution efficace du secteur privé à l’économie nationale qui est en jeu ici.

Prudence ABOMO



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