Aux grands maux, de grands remèdes
De gros investissements sont consentis par les pouvoirs publics, pour améliorer l’accès à l’eau potable.
On aurait dit une coïncidence. A l’ouverture de la réunion de l’Association africaine de l’eau le 28 février dernier, la Cameroon Water Utilities Corporation (Camwater) publiait le résultat de l’appel d’offre pour le choix de l’entreprise (Sogea/Satom) devant conduire les travaux de construction de la station de traitement de la Mefou, grâce à un financement de l’AFD/BEI. Un quatrième décanteur sur financement de la Banque mondiale à Akomnyada qui permettra, quant à lui, de porter d’ici 2013, la production d’eau potable à 200.000m3/jour à Yaoundé. Les chiffres, c’est bien. C’est la preuve que des choses sont faites et que les fonds sont utilisés à bon escient. Certes. Mais il reste que plusieurs populations ont encore du mal à s’approvisionner en eau potable. Cette famille basée à Makepe est obligée de se rabattre sur le forage le plus proche, ou est obligée d’attendre 23h-minuit, pour accéder au précieux liquide depuis les robinets de la CDE.
Par contre, on note des améliorations : l’eau coule à flots à Bonabéri après la construction de la station de Ayato, mais l’eau ne traverse pas le pont. Une canalisation défectueuse serait à l’origine du manquement. Les choses devraient s’arranger dans les prochains jours si l’on en croit les techniciens de la Camwater. Le financement est déjà acquis. « On va installer une nouvelle canalisation de petit diamètre, associée à l’autre qui a été mise dans le cadre du projet chinois. Dès que la conduite va être remplacée, on aura 15.000 m3 d’eau de plus. Les travaux de la canalisation se termineront dans deux mois », affirme Félix Ngonpa, directeur technique de Camwater.
La phase deux de Ayato, est la plus importante en terme d’investissements, qui sont de l’ordre de 52,5 milliards hors taxes. Alors que la première phase s’élevait à 18 milliards toutes taxes. 100.000 m3 sont attendus en capacité de production supplémentaire avec cette deuxième phase de Ayato. « L’implantation des chantiers est en cours. Les travaux seront accompagnés de 100 km de canalisation, et de la construction de trois châteaux d’eau notamment à Nyalla et à Logbessou. Ces derniers châteaux d’eau vont permettre de desservir les quartiers périphériques de Douala », ajoute Félix Ngonpa.
Les difficultés d’approvisionnement persistent, alors que la communauté nationale, et internationale célèbre ce mardi 22 mars, la journée mondiale de l’eau. Et pourtant. A l’ouverture de la réunion de l’eau, on appris de la part du Dg de Camwater, Basile Atangana Kouna que plus de 200 milliards de Fcfa avaient déjà été investis dans les travaux. « Nous avons élaboré un programme d’investissement de 400 milliards de Fcfa pour les 10 prochaines années. Et aujourd’hui, nous avons déjà mobilisé plus de 200 milliards. Grâce à ces financements, nous allons construire des adductions d’eau sur l’ensemble du territoire national. » Et si on le croit, les prochaines années vont voir l’eau couler à flots. Mais en attendant, les plaintes continuent. Ce qui exaspère les responsables de la Camwater. « Il y a des gens qui ne sont même pas connectés au réseau de la Camerounaise des Eaux, qui ne sont pas branchés et qui crient qu’ils n’ont pas d’eau. A Douala, par exemple, on a 70.000 abonnés. Nous avons un taux de desserte de 40% qui va encore augmenter avec ces travaux », répond Basile Atangana Kouna.
A la CDE, on brandit l’inaccessibilité des ménages des quartiers au réseau d’eau potable des villes, et on demande patience. Une campagne lancée depuis 2009 consiste à subventionner les prix du branchement à concurrence de près de 90%. « En termes de taux de réalisation, nous sommes aux alentours de 60%, par rapport aux objectifs de 50.000 sur 4 ans. Sur un peu moins de deux ans, nous avons réalisé quelque chose comme 17.000 branchements. La cause en est que le réseau exploité au niveau des villes est saturé. En ce sens qu’il y a beaucoup de zones dans les villes, qui ne sont pas desservies par le réseau tertiaire où on peut réaliser des branchements », explique Brahim Ramdane le Dg de la CDE. Des retards, qui devraient être contrecarrés selon lui, par un programme d’extension mené par Camwater. « Aujourd’hui, ils sont en train de réaliser avec notre concours un certain nombre d’extensions, qui devraient nous permettre dans les prochains mois, de rattraper les 40% qu’on n’a pas réalisés jusqu’à maintenant. »
Alain TCHAKOUNTE





