Le secteur bancaire au Cameroun est résolument en pleine mutation. En tout cas, la fréquence avec laquelle les nouveaux établissements s’installent interpelle les observateurs. Davantage, les établissements bancaires ne reculent devant rien pour accrocher et grignoter des parts de marché. Celui-ci demeurant très versatile au regard de la santé économique nationale et des mœurs locales. Du reste, le taux de bancarisation au Cameroun- 5 à 7 % de la population active- ne fait pas sauter au plafond. Mais les banques installées n’en ont cure et continuent bon an mal an leur stratégie d’expansion. Cette dernière consiste notamment à rapprocher le plus possible le service des usagers. Dans les grandes villes de Douala et Yaoundé principalement, les labels les plus prestigieux ne sont plus réservés au grand centre urbain. Dans de nombreux quartiers d’habitation de Yaoundé et Douala, des agences des plus prestigieuses enseignes s’installent. Et d’une manière générale, le public ne boude pas son plaisir et se frotte même les mains de voir les services se rapprocher au maximum. Mais comment comprendre ces délocalisations tous azimuts ?
Il est indéniable que les offres de service sont sans cesse plus attractives et avec l’évolution technologique, les prestations sont innovantes. Difficile dès lors de ne pas se laisser séduire par les offres pressantes et parfois oppressantes des banques. Comme en plus la communication des établissements bancaires est devenue plus « agressive », le public est littéralement submergé. Et voilà qu’en plus des artifices communicationnels, la présence physique des banques se fait sentir. Pour autant, l’installation des principales banques commerciales interpelle, même s’il ne s’agit pas d’un phénomène révolutionnaire. En effet, les établissements de microcrédits s’étaient déjà engagés dans la stratégie de proximité depuis quelque temps déjà. Toutefois, on peut se féliciter d’un changement radical d’approche de certaines banques commerciales qui n’hésitent pas à faire du « porte à porte » pour vendre leurs prestations. Et les usagers dans tout ça ?
Si jusqu’ici l’installation des banques dans les quartiers ravit bien des gens, il reste tout de même encore beaucoup à faire. La délocalisation a certes permis de décongestionner les quelques agences qui existaient dans les grands centres urbains. Mais dans la pratique, les procédures dans les nouvelles agences sont identiques. Et d’une façon générale, les usagers déplorent toujours un manque de souplesse dans les prestations. Les plus hardis n’hésitent même pas à oser la comparaison avec les établissements de micro-crédits qui tiendraient compte dans leur offre de service, de l’environnement dans lequel ils sont installés. Quoiqu’il en soit, le sentiment de satisfaction est dominant. Davantage, la multiplication de services bancaires ajoutés –distributeurs de billets etc- en rajoute au confort des clients.
Faut-il alors croire en une vraie révolution du service bancaire au Cameroun ? Rien n’est moins sûr. En tout cas, l’effervescence bancaire observée atteste d’une santé économique retrouvée. Toujours est-il que pour beaucoup de Camerounais les rapports avec les banques restent empreints de méfiance. Malgré de gros efforts de communication, le taux de bancarisation ne décolle pas. Dans l’imaginaire populaire, la banque reste toujours synonyme de quête de profit. Mais en attendant que les procédures bancaires se simplifient, le rapprochement physique des banques de leur clientèle actuelle et à venir est déjà un motif de satisfaction. En attendant mieux…





