La dernière réunion des conseils des Ordres nationaux a ravivé l’intérêt autour des médailles décernées à l’occasion de la fête nationale. Et comme le 20 mai approche, la frénésie va encore monter d’un cran. Mais comme l’a précisé Peter Mafany Musonge, le Grand Chancelier des Ordres nationaux, tous les candidats n’auront pas la chance d’être élus. Pour cette session 2011, plus de 8000 dossiers de candidatures avaient été soumis pour des décorations dans cinq des six ordres : l’Ordre de la Valeur, l’Ordre du Mérite camerounais, l’Ordre du Mérite agricole, l’Ordre du Mérite sportif, et la médaille de la Force publique. Seule, la médaille de la Vaillance n’a pas été évoquée lors des travaux d’il y a deux semaines à la Grande Chancellerie.
Les quotas d’attribution ayant été arrêtés, on sait que 3350 décorations seront décernées au titre du 20 mai 2011. Et comme le veut la règle, les 8832 dossiers de candidatures présentés par les différentes administrations ont été épluchés. Peter Mafany Musonge l’a promis, les meilleurs devraient s’en tirer avec un bel insigne le jour de la prochaine Fête nationale. Heureux aboutissement pour ces Camerounais venus des quatre coins du pays et aussi d’étrangers, de tous les secteurs d’activités, dont les efforts en faveur du développement et du rayonnement du Cameroun seront ainsi reconnus et récompensés à leur juste valeur.
La philosophie de la décoration est claire : il s’agit, selon l’ordonnance N° 72/24 du 30 novembre 1972, portant réorganisation des Ordres nationaux et de la Grande Chancellerie de primer les Camerounais – et éventuellement des étrangers – qui se seront distingués par leur sens de l’effort et du patriotisme, par leurs actions bénéfiques à l’image de marque du pays. Dites de cette manière, les choses ne suscitent pas moins d’interrogations chez les citoyens. Car, si la plupart des fils et filles de ce pays ont une perception plus ou moins positive de cette forme de reconnaissance de la nation, beaucoup de questions et d’incompréhensions naissent souvent autour des conditions à remplir et de tout le processus qui mène à la médaille. Certains estimant notamment que les choses devraient se faire de manière automatique.
Ce n’est pourtant pas le cas, puisque la Grande Chancellerie ne peut pas disposer d’un instrument permettant de suivre la carrière et la vie de chacun des 19 millions de Camerounais. Les règles ont dont été fixées, qui prescrivent aux administrations de proposer des dossiers de candidatures, en tenant compte bien sûr de l’éligibilité des candidats à tel ou tel ordre ou grade. Première chose : il faut donc connaître les textes. Des textes qui disent, en règle générale, que les dossiers sont acheminés à la Grande Chancellerie des Ordres nationaux, par les ministères et administrations compétentes. Ainsi, chaque Camerounais, en fonction de son secteur d’activité devrait se reconnaître en une administration de tutelle qui portera son dossier. Par exemple, la candidature d’un artisan sera portée par le ministère des Petites et Moyennes entreprises ; comme un maire sera proposé par le ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation.
Cela dit, il subsistera encore des sceptiques vis-à-vis de la Grande Chancellerie et des administrations qui travaillent dans ce processus. Parce que le processus est sélectif, des soupçons de favoritisme ont tôt fait d’être brandis à l’endroit des ces hommes et femmes chargés de proposer la dernière liste à l’appréciation du chef de l’Etat, Grand Maître des Ordres nationaux. Faut-il absolument « connaître quelqu’un »? On ne peut pas le jurer. Une chose est sûre, tout le monde ne peut pas être décoré au même moment. La majorité semble l’avoir bien compris. Mais le grand engouement et les nombreuses questions posées autour des décorations, révèlent un intérêt certain. Mais aussi un besoin d’information du public. Sur le sens de la médaille, les règles et critères d’attribution, sur les avantages qu’elle procure, le statut qu’elle confère au récipiendaire ou encore sur les causes d’un éventuel retrait. CT ouvre le dossier.





