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Dossier de la Rédaction

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Ordres professionnels : pourquoi les batailles

Selon une sagesse antique, l’ordre s’oppose au chaos. Mais dans notre très moderne époque, et dans des circonstances précises, la lutte pour l’un semble générer l’autre. Il serait puéril de vouloir se le cacher : la confraternité, le corporatisme bon teint sont régulièrement mis de côté par les professionnels de différents corps de métier quand vient l’heure des batailles cruciales. Batailles pour un certain contrôle de la corporation notamment. Médecins, experts-comptables, architectes, géomètres etc. fourbissent des armes qu’ils n’hésitent pas à utiliser ensuite pour se frayer un chemin vers la position convoitée. Les dernières élections au sein de l’Ordre des médecins ont connu leur lot de soubresauts et de coups de chaud, pour ainsi dire – des soupçons sur la valeur des diplômes d’un candidat avaient été émis par la partie adverse. Les prochaines élections au Barreau camerounais, prévues du 28 au 29 mai prochain à Bamenda, devraient aussi être mouvementées – la température a même commencé à monter chez les avocats. Les choses doivent-elles toujours se passer ainsi ? Il faut craindre que oui.

« Dès lors que vous êtes opposé à quelqu’un, il faut vous attendre à des attaques », explique un avocat basé à Yaoundé et impliqué dans la campagne en vue du scrutin de Bamenda. « Pendant la campagne, plein de choses se passent ». Le problème, selon lui, c’est que l’enjeu amène parfois des acteurs à voler au ras des pâquerettes. Du coup, ils « traversent la ligne déontologique », et versent dans « l’invective, à la lisière de l’injure », émettent des suspicions, donnent dans le « propos tendancieux », voire « dans les attaques personnelles par médias interposés. » Joyeux programme, qui n’en finit pas de surprendre l’observateur, étonné de voir des membres de corps d’élite se comporter façon gangs de quartier…

L’Ordre et le K.O.

Gangs, ou alors réseaux, lobbies, groupes constitués sur différentes bases (linguistique, tribale, ou autre) et voués à la défense d’intérêts partisans, et toujours prompts à appeler Machiavel à la rescousse, dans la quête du résultat. Tous les moyens pour arriver à la tête de l’Ordre sont bons, pourvu qu’ils servent à mettre les adversaires K.O. Il existe pourtant « un code d’honneur », nous dit le membre d’une profession libérale. « Les propos tenus ne doivent pas être diffamatoires » dans le cadre d’une bataille électorale, explique-t-il, avant d’ajouter rapidement « ça, c’est le principe. » Dans la pratique, des « réalités camerounaises » prennent le pas, et « des conventions non écrites » en viennent à diriger la barque. Résultat, il y a des risques que le critère d’excellence soit mis entre parenthèses.

Les combats parfois féroces pour le contrôle d’une corporation ne visent pas seulement l’assouvissement d’une envie, la satisfaction de l’ego après l’atteinte d’une ambition. « Quelqu’un peut viser la présidence d’un ordre comme strapontin afin de se rendre visible, parce qu’il vise plus haut », explique une de nos sources. Ou alors parce qu’il veut devenir un interlocuteur du pouvoir en place, étant désormais à la tête de telle ou telle puissante corporation. Interlocuteur du pouvoir ou d’organismes internationaux, avec lesquels il est toujours possible de négocier des conventions, et au passage jouer une carte personnelle.

Certains pourront ajouter que la gestion d’un ordre implique, presque à coup sûr, la gestion de quelque argent. La force d’attraction d’un pactole n’est jamais à négliger. Pour en revenir aux avocats, ils sont quelque 2000 inscrits au Barreau dans notre pays, et chacun cotise 84 000F par an. Pour un total de 168 millions de nos francs l’année. Ça ne vous donne pas envie d’être un peu Bâtonnier vous ?


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