Citi Bank, Standard Chartered Bank ou encore EcoBank, UBA, Banque Atlantique, BGFIbank, Attijariwafa Bank. Juste quelques noms de ces institutions financières étrangères qui ont pignon sur rue au Cameroun. Elles trouvent sur place d’autres, beaucoup plus anciennes, la BICEC par exemple ou la Société générale de banque au Cameroun. Elles trouvent aussi des banques nationales qui ne se laissent pas conter : Afriland First Bank, la Commercial Bank of Cameroon, lesquelles affichent une ambition non pas seulement de se rapprocher de la clientèle, mais de figurer parmi les meilleures. Afriland First bank va bientôt ouvrir sa 8è agence à Douala. Elle en compte six à Yaoundé et revendique la première place du classement national des institutions bancaires en terme de crédit : 335 milliards de Fcfa injectés dans l’économie du Cameroun au 31 décembre 2010, devant la BICEC (306 milliards) et la société générale (279 milliards) de Fcfa.
Jeudi dernier, la marocaine Attijariwafa, actionnaire majoritaire de l’ex-SCB a présenté à la presse, sa stratégie de développement. La banque possède 30% des parts de marché dans le secteur bancaire du Maroc. Le PDG du groupe a expliqué aux journalistes que le choix du Cameroun se justifie par son poids dans la sous-région. Le pays concentre en effet 40% du PIB.
Le 19 août 2010, la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC) a accordé à la Banque gabonaise et française internationale (BGFIBank) l’agrément de s’installer à Douala. Selon des sources crédibles, BGFIBank est la première banque gabonaise en terme de parts de marché et de chiffre d’affaires. Avec un capital de 73,8 milliards de francs CFA, elle figure dans le peloton de tête des banques d’Afrique centrale. On note aussi que BGFI Bank est le premier établissement financier de la zone CEMAC à s’installer au Cameroun. Un bon signe de coopération financière et monétaire sous-régionale.
United Bank for Africa (UBA), la nigériane elle, est installée officiellement au Cameroun depuis 2008, même si son agrément a été accordé l’année d’avant. La banque dispose des agences dans trois villes du pays : Douala, Yaoundé, Bafoussam. L’Ivoirienne Atlantique a pu aussi trouver sa place au soleil au Cameroun.
Ici et là, les ambitions sont les mêmes : ratisser large, couvrir tout le pays, conquérir le maximum de clients, intervenir dans les grands projets d’un pays en chantier. La concurrence aidant, les stratégies se multiplient pour apporter la plus-value au service. A Douala et à Yaoundé, les banques ne s’installent plus seulement dans le centre d’affaires : Bonanjo, Akwa, Hippodrome. On les trouve dans les quartiers populaires de Mvog-Mbi et Bonabéri. L’autre forme d’expansion consiste en la mise sur le marché des produits nouveaux : la monétique, le e-banking, les réseaux virtuels, les guichets automatiques. Le confort des usagers préoccupent : mobiliers décents, salles climatisées, multiplication des guichet, personnel affable, etc. On n’oublie pas les facilités offertes pour l’ouverture du compte et même l’octroi de crédit aux personnes et aux entreprises. Le souci de bancariser les imbancables ou les sous-bancarisés est réel.
L’"invasion" du secteur bancaire au Cameroun veut dire au moins une chose : le marché est porteur. Avec un taux de bancarisation se situant autour de 7%, on peut penser qu’il y a de la place pour tout le monde à condition que l’activité se passe dans la règle de l’art. L’attrait du marché camerounais est aussi un aveu de la stabilité politoco-économique du pays. Et pour parler comme des financiers, on pourrait dire que le facteur risque-pays du Cameroun est favorable à l’arrivée des capitaux étrangers et à l’activité des banques existantes.
Du coup les frottements liés à la cohabitation ne se posent pas. Le débat n’a même pas lieu parce que le secteur bancaire est un secteur très régulé. Et les institutions sont engagées dans le financement des projets divers. En un temps record, 200 milliards de Fcfa ont été mobilisés dans une première expérience d’emprunt obligataire.
Malgré tout, les banques concentrent le gros de leurs crédits sur les grosses multinationales, les sociétés parapubliques, etc. L’an dernier 1 548 milliards de Fcfa ont été mobilisés par les douze banques du pays sur un dépôt 2 400 milliards. Mais la moisson reste grande, le terrain propice. CT projette ses pleins phares dans un secteur porteur.Aggressive Strategies To Win Clients
The noticeable growth in the banking sector in recent years has been characterised by a new phenomenon of physical, territorial and virtual expansion of banking services in Cameroon. The thirteen banks in the country have engaged in a highly competitive but cordial conquest of potential clients.
At the forefront of this expansion are new banks such as Afriland First Bank, Union Bank of Africa, UBA, and Ecobank Cameroon SA. Away from busy commercial districts like Bonanjo and Akwa in Douala; Hippodrome in Yaounde; the Commercial Avenue in Bamenda or Downbeach in Limbe; these new banks have been opening branches in the suburbs and popular residential neighbourhoods to get closer to the potential clientele. If officials at UBA boast today of 12 branches while those of Ecobank talk of 27 branches serving more than 13,000 clients, both have expressed a unanimous ambition and set in place strategies to become number one in Cameroon’s banking sector. This ambition has incited other banks to unavoidably follow suit with the proximity approach. Proof: in Yaounde, BICEC bank has just opened a branch in Biyem-assi while SGBC Bank has a new branch in the Mvan neighbourhood.
While laying emphasis on the recruitment of young and dynamic professionals for swift service delivery, the proximity-oriented banks have also adopted new technologies such as automated teller machines, electronic cards, SMS alerts and Internet banking to ease clients transactions, withdrawals and payments. In addition to managing clients current, deposit or savings accounts, banks have been offering loans of all types and financial solutions to salary earners, petty traders, promoters of small and medium-size enterprises alongside corporate, parapublic and public institutions. In the area of communication, outdoor advertising such as billboards and banners have been used to complement word-of-mouth and aggressive public relations on the field to win more clients.
However, in spite of the laudable aggressiveness by banks to get more clients, these strategies seem not to be working for the masses. Prohibitive bank charges on transactions as well as cumbersome formalities in loan granting, most potential clients still prefer recourse to usurers, “njangi houses” or credit unions for their financial needs.
George MBELLA





