Si ces initiations à l’art semblent gagner en visibilité, notamment à la faveur de sessions de formations spéciales organisées dans différentes disciplines, leur pérennité n’a jamais vraiment été remise en cause. Les établissements scolaires, sans que la tendance ne soit généralisée, assurant peu ou prou, depuis plusieurs années maintenant, une transmission du témoin dans certaines disciplines comme la musique, ou le théâtre. En 2002, le collège Stol d’Akono organisait ainsi le premier concours des musiques scolaires et universitaires, afin de susciter l’émulation et donner une tribune de valorisation aux jeunes talents ainsi éclos dans nos lycées et collèges. Et si les établissements confessionnels ont, en la matière, une longueur d’avance, les établissements laïcs ont emboîté le pas, notamment à travers leurs activités périscolaires. Clubs danse, clubs théâtre et autres cercles de dessinateurs ou peintres, permettent ainsi à plusieurs générations d’élèves d’épanouir leur côté artistique.
L’élément nouveau dans la vague actuellement observée, c’est la prise de conscience de plus en plus grande des parents, premiers éducateurs, à initier leur progéniture à la chose culturelle. Ce, non plus « sur le tas », ou à travers les circuits amateurs des troupes de lycée, mais dans des canaux plus serrés et professionnels. Les sessions spécialisées organisées à cet effet par le ministère de la Culture, ont ainsi connu un succès inattendu. Et ils sont de plus en plus nombreux, ces jeunes de moins de 10 ans, à apprendre à lire le solfège, à se familiariser avec fusain et aquarelle, à savoir ou se trouve le côté cour et le côté jardin d’une scène. Des bases posées qui, avec le suivi nécessaire, pourront aider à découvrir les Richard Bona, Francis Mbella et autres Daniel Ndo de demain. Tout n’y est pas encore, mais cette vague d’initiations à l’art entretient l’espoir.
Et même s’il n’est pas établi que tous ces jeunes chez qui est cultivée la fibre artistique optent pour une carrière dans l’univers de la culture, les experts reconnaissent la faculté de telles formations à ouvrir l’esprit des jeunes apprenants, et leur conférer un plus dans leurs carrières futures. Autant dire que le créneau gagnerait à être intensifié. Et peut-être ainsi, pour reprendre l’image littéraire, passer de l’art pour l’art, à l’art pour le progrès.





